« Dire ‘Juif’ n’est pas une insulte en soi… »

Que ça choque ou non, la décision de la Commission des Litiges est parfaitement conforme au droit pur. Car le seul fait de dire « Juif » ou « homo » n’est pas en soi blessant, injurieux ou raciste. Sans quoi, cela reviendrait à dire que les Juifs et les homosexuels sont des personnes différentes ou inférieures. C’est l’argumentaire de Bruges, validé par la Commission des Litiges.

Alors certes, c’est choquant, mais… c’est la condition de la liberté d’expression, un pilier fondamental de la démocratie. Oui : le droit de critiquer et de choquer existe… tant qu’un individu n’est pas stigmatisé personnellement.

« Dans les stades, c’est la logique du groupe qui fait qu’on peut traditionnellement se moquer des Bretons, des Juifs, des handicapés, des homosexuels » explique Bernard Mouffe, juriste en droit des médias. « Mais dès le moment où cette critique devient une critique personnelle de telle personne ou de tel handicap, il y a une atteinte injurieuse. Par exemple quand un joueur noir ou un joueur italien monte sur le terrain et est stigmatisé par un ou des supporters pour sa couleur de peau, sa nationalité ou son handicap. Mais sur une banderole ou un tifo où un GROUPE de personnes est stigmatisé (NDLA : « Les Wallons, c’est du caca »), il n’y a pas selon moi d’insulte ou d’injure, fût-elle raciale ou sexiste… »

Reste l’aspect éthique. A l’Union belge comme à la Pro Ligue, on est consterné par la décision du comité des litiges. En primeur, nous pouvons vous annoncer que le Parquet Fédéral va faire appel devant la Cour belge d’Arbitrage du Sport contre la décision de lundi. Depuis les incidents de Standard-Charleroi voici 2 ans, la Pro Ligue a pondu un plan d’action avec de grosses sanctions. Un plan primé au Parlement flamand et qui, bien appliqué, est selon la Pro Ligue plus efficace que l’ancienne et éphémère Commission Ethique.

Mais outre les sanctions, la Pro-Ligue récompense aussi les clubs et supporters auteurs d’actions positives, ce qu’on appelle le Community. Par exemple, les 50.000 euros d’amende payés par Anderlecht après le Clasico des fumigènes iront à un projet social. Avec ce paradoxe : le club le plus souvent primé dans le Community est… le Club Bruges. Mais pas sûr que se supporters soient au courant.

Source: haaretz

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