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Grande-Bretagne Lutte contre lantisémitisme

sept députés quittent le parti travailliste

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Source: euronews

La rumeur courait depuis des jours, en Grande-Bretagne, d’une rupture du parti travailliste. Ce lundi matin, sept députés du Labour, principale force d’opposition aux conservateurs en place, et à la Première ministre Theresa May, ont annoncé qu’ils quittaient leur parti, « une décision douloureuse mais nécessaire », selon Luciana Berger. Leur décision est autant liée au Brexit qu’à l’antisémitisme.

Depuis des mois, le parti de gauche et de centre gauche est accusé d’ambiguïté sur l’antisémitisme. Mi-juillet 2018, le comité exécutif national du Labour avait adopté des exemples d’agressions ou de propos définissant l’antisémitisme. Il avait écarté le fait « d’accuser un citoyen juif d’être plus loyal à Israël qu’à son pays », de « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination », et « d’établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celles des nazis ». Cette position contre la politique menée en Israël par Benyamin Netanyahou avait scindé le parti : de nombreuses voix s’élèvent depuis, reprochant à Corbyn de ne pas avoir réagi avec suffisamment de force.

Luciana Berger dit avoir tiré « l’écœurante conclusion », du fait d’une « montagne d’exemples », que son parti était « institutionnellement antisémite ».

Parmi les démissionnaires figure l’étoile montante du Labour, Chuka Ummuna, qui a assuré vouloir « jeter la vieille politique tribale à la poubelle » pour promouvoir une vision différente de la politique.

Chris Leslie, membre du Labour depuis 30 ans, accuse, lui, le chef du Labour de nourrir « l’obsession d’une idéologie étroite et dépassée » en tirant sa formation de plus en plus vers l’extrême gauche. Dans une vidéo enregistrée dans sa circonscription de Nottingham East, il explique à ses électeurs que la question du Brexit a été « prise en otage par l’extrême gauche ». S’il demeure « absolument » opposé aux conservateurs, il dénonce aussi « l’antisémitisme », des questionnements sur « la sécurité intérieure », des « promesses qui ne pourront pas être tenues ».

Dans une déclaration, Jeremy Corbyn dit regretter ces départs. « Je suis déçu que ces députés se sentent incapables de continuer à travailler ensemble aux politiques travaillistes qui ont inspiré des millions de personnes lors de la dernière élection », écrit-il. Il défend que sa ligne s’adresse à « un grand nombre, pas à une minorité » avec une ligne clairement à gauche. Sans répondre aux accusations d’antisémitisme, il dénonce « le gouvernement conservateur » qui « gâche le Brexit, alors que le parti travailliste a élaboré « un plan unificateur et crédible ».