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Belgique Rapports Annuels

Rapport sur l’antisémitisme en Belgique pour l’année 2017

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Source: antisemitisme.be

Rapport 2017 sur l’antisémitisme en Belgique

Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017, 35 incidents antisémites ont été recensés en Belgique (64 en 2016). Ces chiffres confirment la baisse constatée des années précédentes par rapport au nombre d’incidents « records » de l’année 2014 (109 incidents) où nous avions totalisé 70% des actes
antisémites de l’année autour de trois « phases » :

(1) Polémique et médiatisation du phénomène français «Soral-Dieudonnée » (janvier-mars).

(2) Attentat, le 24 mai 2014, au Musée Juif de Belgique (mai-juin).

(3) Opération « Pilier de défense » au Proche-Orient (juillet-aout).

En 2017, nous ne ressortons pas de phases dominantes mais bien des thèmes récurrents généralement liés à l’actualité (Israël) ou faisant références à l’histoire (seconde guerre mondiale). Sur les 35 incidents recensés, 8 (23%) s’inscrivent dans une thématique liée à l’actualité du moment.

Contrairement à 2016, la majorité (27) des signalements (77%) ne renvoient à aucun autre référent, c’est ordinairement le cas lors d’agressions ou de menaces qui ciblent des particuliers ou des institutions juives. Les dégradations – dont 5 contre des habitations privées supposées « juives » – ont
exhumé à 7 occurrences sur 8 une image empruntée au nazisme. La 8ème dégradation a vise directement les caméras de sécurité d’une synagogue à Bruxelles.

L’année 2014 égalisait l’autre « année record » de 2009 où nous avions recensé 109 incidents dus principalement à l’importation du conflit au Proche-Orient avec l’opération « Plomb durci ». Le contexte est cependant différent, depuis 2009, les sites communautaires ont connu une augmentation importante
des mesures de sécurité jusqu’à connaitre après les attentats, contre la rédaction de Charlie Hebdo et le magasin Hyper Casher, en janvier 2015 à Paris, une présence militaire quasi permanente devant leurs bâtiments. Ceci confirme la translation de phénomènes conjoncturels et exogènes (Proche-Orient) vers un
antisémitisme structurel et endogène où des positions « justifies» plus
seulement par l’antisionisme laissent place à des comportements antisémites.

En 2017, les foyers les plus touchés par l’antisémitisme en Belgique sont au niveau des villes :

Bruxelles (10) et Anvers (3) qui cumulent environ 37% des incidents antisémites. La moitié des 12 actes ayant visés des personnes physiques ont eu lieu à Anvers (3) et à Bruxelles (3). Dont une agression physique, da manière fortuite, dans un lieu public à Anvers visant un juif orthodoxe reconnaissable en tant que juif tant par la spécificité de ses habilts que par le lieu où de l’agression (quartier juif). Les actes qui ont directement visé des personnes physiques ou des biens privés ont quant à eux diminué. Nous en dénombrions 20 en 2016 contre 16 en 2017.

Les institutions, bâtiments et personnes fréquentant les bâtiments communautaires n’ont pas été ciblés qu’une fois en 2017 (2 en 2016). Ce faible nombre contraste avec celui de 2014, oùnous dénombrions 15 faits – dont notamment l’attentat contre le Musée Juif, le jet de projectile contre des visiteurs du Mémorial National aux Martyrs Juifs de Belgique à Anderlecht et diverses dégradations – sont à mettre en lien avec la forte augmentation des
mesures de protections policières et militaires, ce qui a sans doute conduit à dissuader certains auteurs de commettre leurs forfaits (principalement des dégradations, agressions physiques ou verbales).