09-10-2013

Les dix légendes et stéréotypes antisémites de premier plan

Source: http://www.toptenz.net/top-10-antisemitic-legends-stereotypes.php


Depuis longtemps, la culture occidentale est le fief d'un antisémitisme sauvage et scandaleux. Les juifs, qui, en tant que peuple étranger, absorbent des remarques humiliantes et sont catégorisés en tant que criminels, souffrent depuis mille ans de persécution, d'intolérance et d'horribles violences.  De telles tragédies soulèvent la question pourquoi la haine envers les juifs est-elle si profonde, dans des cultures aussi variées et aussi différentes.  Afin d'éradiquer la haine, nous devons tout d'abord la comprendre. Ill existe plusieurs méthodes pour examiner la racine de l'antisémitisme qui révèlent d'avantage une recherche superficielle d'histoires populaires et des stéréotypes locaux touchant à ce peuple torturé. Voici dix exemples parmi les plus fréquents et les plus significatifs de légendes antisémites. Il ne s'agit en aucun cas d'un examen exhaustif, mais il fournit quand même un point de départ pour ceux qui désirent suivre de près le développement de l'antisémitisme.    

 

10. L'empoisonnement de puits

L'une des principales accusations contre les communautés juives en Europe touchaient au soi-disant empoisonnement de puits. On peut trouver un exemple de cette accusation dans l'une des lois qui furent établies par les dirigeants de l'état de Brandebourg en Allemagne en mai 1349 : "…il fut dit que les juifs avaient envoyé de nombreuses personnes à d'autres endroits par le biais de l'empoisonnement". De nombreuses de ces rumeurs commencèrent à peu près à l'époque de la propagation de l'épidémie de la peste noire.  Si l'on considère le fait qu'au Moyen-âge, de nombreuses personnes ne savaient nullement la manière dont la peste noire se propageait, l'idée selon laquelle l'épidémie résultait d'un acte de sabotage ou d'empoisonnement semblait être logique à de nombreuses populations. Quand des groupes sociaux et politiques se rassemblant autour du pouvoir blâmèrent les juifs, des émeutiers en colère furent encore plus enthousiastes que de coutume pour brûler et massacrer des populations juives dans leur totalité.

 

9. Mi-humain, mi-bête

Au cours du Moyen-âge, des caractères décrivant Satan et d'autres démons soulignèrent des caractéristiques physiques grotesques et bestiales. De telles caractéristiques comprenaient "des cornes, des langues saillantes … [ainsi que] d'autres visages. Ces traits furent également attribués à ceux qui étaient considérés comme les adorateurs de Satan et de ses démons, c'est-à-dire – les juifs. Plusieurs légendes sur les juifs mentionnaient que ceux-ci avaient des cornes, une tête ou une queue de bouc et même des oreilles de porc. Les images décrivant les juifs comme des monstres ou ayant un aspect grotesque devinrent chose routinière. Les stéréotypes concernant l'apparence extérieure des juifs commencèrent à inclure également des caractéristiques sous-humaines : des pieds plats, des pieds tordus, un front déformé, des lèvres épaisses et autres.

 

8. La truie juive (Judensau) 

La "Truie Juive" fut un thème visuel qui décrivait littéralement les juifs en tant que mammifères, ayant des mamelles de truies. De plus, de nombreuses de ces images présentaient une description des juifs mangeant des excréments frais de porcs directement de l'anus de la bête. Satan figurait également souvent dans ces descriptions. Il était représenté enthousiasmé de la consommation du lait et des excréments de la truie.  

Le thème de la truie juive, qui parut pour la première fois en Allemagne au 13ème siècle, resta clairement une image allemande pendant près de 600 ans. Ce thème parut sur des troncs d'arbres, des tracts, des cartes à jouer et des murs de cathédrales.  "La Truie Juive" commença à apparaitre sur des bâtiments et sur des immeubles n'ayant aucun lien avec la religion, tels que des ponts et des monuments publics, un fait indiquant que l'antisémitisme se mouvait de plus en plus d'institutions à la vie de tous les jours dans ces régions. 

 

7. Des médecins juifs tuent des chrétiens

Comme on considérait les juifs comme des gens mauvais, apparurent différentes interdictions concernant les moyens dont les chrétiens devaient communiquer avec eux. L'une des rumeurs les plus malveillantes fut la prétention selon laquelle il était défendu de faire confiance à des médecins juifs car ils tuent leurs patients chrétiens. De telles rumeurs furent souvent renforcées par l'Église. Les Conseils Épiscopaux de Valladolid et de Salamanque prévinrent et affirmèrent clairement que des médecins juifs "tuaient des chrétiens quand ils leur donnaient des médicaments". Mais l'idée selon laquelle les médecins juifs étaient des assassins s'infiltra également dans le folklore local. L'un des exemples en est l'histoire intitulée Der Giftpilz (Le Champignon Vénéneux). L'histoire décrit une fillette qui   passe outre le conseil de son amie et qui se rend chez un médecin juif, qui change son aspect et se transforme en Satan. Heureusement, elle parvient à prendre la fuite. Mais d'autres histoires ne se terminaient pas aussi bien.    

 

6. Le Golem

Le Golem est un "être auquel on insuffle la vie par une formule magique". La figure du Golem, le plus souvent caractérisé comme un robot ou comme un automate, est populaire dans la mythologie juive. Selon la tradition juive, les golems s'éveillent à la vie grâce à l'écriture de l'un des noms de Dieu en lettres hébraïques sur leur front ou sur un morceau de papier introduit dans leur bouche.

 

Malgré cela, quand des communautés non juives adoptèrent les aspects de cette légende proprement juive, ces figures devinrent naturellement plus destructives. L'écrivain allemand Jacques Offenbach, adapta la légende du Golem dans une histoire intitulée " Le Chaudron d'Or". Dans cette histoire, les juifs sont décrits comme des êtres corrompus, et le golem en personne est décrit comme "l'incarnation flagrante de l'orgueil, la luxure et la cupidité". La légende du golem fut adoptée dans l'ère moderne et son caractère fut traité dans plusieurs films comme l'œuvre de Paul Wagner de 1920, "le Golem, comment il naquit". Malgré le fait que ce film obtint des éloges à cause de sa description précise de la vie des juifs au Moyen-âge, Wagner fut également accusé d'y avoir exprimé des sentiments antisémites.

 

5. Le juif errant

"Le juif errant" était un caractère mythologique chrétien, condamné à une vie d'errance sur terre jusqu'à la seconde venue de Jésus, parce qu'il avait poussé ou frappé Jésus dans son trajet sur le mont du Golgotha avant sa crucifixion.  La première adaptation documentée du prototype du juif errant figurait sur les écrits de Roger de Wendover, un moine de Saint-Alban. Dans cette adaptation, le juif se convertit au christianisme et depuis, il vit sa vie en toute sainteté. Cependant, la légende servit à renforcer l'idée selon laquelle les juifs sont un peuple maudit par Dieu.  Certains prétendent que la fréquence de la légende du juif errant ainsi que la croyance qui l'accompagne, selon laquelle il s'agit de la preuve de la méchanceté des juifs, fut une cause directe de la violence basée sur l'antisémitisme pendant le Moyen-âge. La légende du juif errant fut également adoptée par des allemands antisémites du 19ème siècle en tant que symbole. Malheureusement, ce fait mena à l'usage de la légende du juif errant dans la propagande du parti nazi. 

 

4. Le déicide par les juifs    

"Le déicide" attribué aux juifs est la conviction que des juifs sont responsables de la mort de Jésus, et, par conséquent, de la mort de Dieu. Cette croyance est fondée sur différentes histoires de l'annonciation chrétienne qui prétendent que Jésus fut persécuté et crucifié par les juifs. Ces histoires firent que de nombreux chrétiens furent convaincus qu'il était de leur devoir de continuer à punir les juifs et que Dieu souhaitait leur souffrance.  De plus, nombreux étaient ceux qui pensaient que l'humiliation des juifs dans la société était la confirmation de la suprématie de la foi chrétienne. La souffrance constante des juifs devint une sorte de légitimation pour l'Église.  La persécution des juifs se transforma d'une partialité purement culturelle en une priorité.   Étonnamment, l'église catholique ne nia pas officiellement les accusations de déicide émises à l'encontre des juifs jusqu'à la Deuxième Convention du Vatican de 1965.  

 

3. De méchants usuriers 

L'un des stéréotypes les plus populaires au sujet des juifs et qui dura le plus longtemps, est leur cupidité et leur manque de crédibilité en eux en tout ce qui concerne les finances. On peut largement attribuer ce stéréotype aux accusations contre les préteurs juifs demandant un taux d'intérêt exceptionnel pour l'argent qu'ils prêtaient aux chrétiens.  A des périodes de manque de stabilité économique, de nombreux pauvres furent obligés de faire appel à des préteurs juifs. Selon l'histoire, de nombreux de ces usuriers exigeaient effectivement des taux d'intérêt élevés, parce qu'ils encouraient un grand danger de subir de la violence et l'effacement de dettes de la part de gouvernements non juifs. Comme le prêt avec intérêt était considéré comme un crime parmi les chrétiens, les taux d'intérêt élevés éveillèrent la haine et le mépris. 

 

L'un des exemples les plus connus de ce stéréotype figure dans le livre de William Shakespeare, "Le Marchand de Venise", dans le caractère de Shylock, un usurier juif qui demande du héro, Antonio, un litre de viande quand celui-ci ne peut rendre le prêt.

 

2. Profanation de l'hostie

Les premières accusations concernant la profanation de l'hostie, de cas de violence ou de profanation de l'hostie servie au cours du rituel chrétien de l'Eucharistie se déroulèrent près de Berlin au 13ème siècle. Pendant les 600 années qui suivirent, les accusations concernant la profanation de l'hostie devint l'une des premières justifications de la persécution et de la déportation de communautés juives. De nombreux juifs qui furent déclarés coupables de ce crime furent exécutés. 

 

Mais même si la profanation de l'hostie fut terrible, cela n'est rien en comparaison avec les impacts et la durée de vie d'une autre terrible rumeur, à laquelle elle était généralement associée. Cette rumeur est la pire de toutes les rumeurs de la liste… 

 

1. La diffamation de sang 

Pendant le Moyen-âge, les juifs furent accusés du meurtre d'enfants juifs, de prendre leur sang et de le consommer. Certains prétendaient qu'ils se servaient du sang afin de préparer le pain azyme de Pessah. Mais ce qui était significatif n'était pas forcément l'usage que firent soi-disant les juifs du sang des enfants, mais le fait qu'ils torturaient et assassinaient de bons chrétiens avec cruauté dans ce but.  Les diffamations de sang furent la principale cause des pogromes et d'autres vagues de violence et de haine antisémites dans tout l'occident. 

 

Mais les accusations concernant la diffamation de sang ne se limitent pas exclusivement au monde chrétien. La légende de la diffamation de sang s'est également infiltrée dans le monde arabe aux alentours du 19ème siècle. L'exemple le plus célèbre de diffamation de sang est "le Conte de la Prieure" rédigé par Geoffrey Chaucer dans les "Contes de Canterbury". Dans cette histoire, un enfant de 7 ans est cruellement assassiné par des juifs parce qu'il chantait un verset chrétien en marchant dans leur rue. Mais le corps de l'enfant continue miraculeusement à chanter, et attire ainsi l'attention de chrétiens locaux, qui pendent les juifs pour leur crime.