France / 06-12-2017

Un homme condamné à de la prison ferme pour des propos antisémites

Source: midilibre


Il avait apostrophé le rabbin et son épouse en les traitant de “Sales juifs !”. Ces propos antisémites ont été prononcés le 12 octobre dernier alors que le religieux sortait de la synagogue avec ses quatre enfants. De son côté, le jeune homme filait au volant de sa voiture. Le rabbin avertissait la police qui ouvrait une enquête. Grâce au système de vidéosurveillance de la synagogue et de la ville, le suspect était identifié et placé en garde à vue durant laquelle il reconnaissait les faits. 


Ce jeudi 30 novembre, face au président Jean-Pierre Bandiera, le prévenu, âgé de 22 ans a fait profil bas et a réitéré ses excuses. “Je me suis comporté comme une personne immature, je tiens à m'excuser (...) Je m'en veux d'avoir dit ça”. Les propos antisémites ? “C'est sorti seul de ma bouche”, avait-il tenté d'expliquer. Dans le fond, le jeune Nîmois aurait vaguement expliqué son comportement en disant qu'ils (les juifs, NDLR) “ont fait du mal à mes frères”.

 

Le président interroge le prévenu pour savoir s'il pense que le rabbin, son épouse et ses quatre enfants ont fait du mal à quelqu'un. Silence du prévenu qui semble comprendre l'énormité et la gravité de ses propos. En début d'audience, on a appris que ce prévenu avait écopé de trois ans de prison dans une précédente affaire de violence. Depuis sa sortie de prison en 2016, il n'avait plus fait parler de lui. Me Séverine Benayoun (Marseille), l'avocate du rabbin et de son épouse, a estimé que “Monsieur Arrouiljal, c'est quelqu'un qu'on a n'a pas envie de voir dans la rue”.

 

Elle a dénoncé le caractère banal des insultes antisémites et a rappelé “qu'en France, les lois de la République permettent au rabbin et à son épouse de pratiquer leur religion comme ils l'entendent.” Le rabbin s'est déclaré inquiet par les propos du jeune homme dont les mots seraient sortis de sa bouche de façon automatique.

 

Me Célestine Bifeck, l'avocate de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), a dénoncé le caractère inadmissible des termes employés par le jeune homme espérant que ses regrets étaient sincères. Le procureur adjoint de la République, François Schneider, a fustigé avec force la montée de l'antisémitisme en France. Il a aussi évoqué la barbarie nazie et les millions de morts de la Shoah. Le magistrat a aussi déploré la montée d'une forme d'antisémitisme depuis les attentats perpétrés par Mohamed Merah. Le magistrat a requis six mois de prison assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve.

 

Pour sa part, Me Camille Alliez, l'avocate de la défense a demandé au tribunal de seulement juger les faits reprochés. Elle a rappelé que son client n'avait pas prémédité ses actes et avait immédiatement regretté ses propos et n'avait jamais voulu porter atteinte à la religion juive. Après délibéré, Talal Arrouijal écope de deux mois de prison ferme. Il est aussi condamné à verser des dommages et intérêts au rabbin et à la Licra.