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France / 10-04-2017

La France «pas responsable du Vel d'Hiv» selon Marine Le Pen

Source: vsd


Paris - Marine Le Pen le dit clairement, elle veut redonner envie aux jeunes d’être Français. Envie et fierté. Une profession de foi qui bannit, selon elle, l’exercice de "Repentance".

 

"Je pense que, de manière générale, plus généralement, d’ailleurs, s’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas LA France. La France a été malmenée dans les esprits depuis des années. En réalité, on a appris à nos enfants qu’ils avaient toutes les raisons de la critiquer. De n’en voir que peut-être que les aspects historiques les plus sombres. Je veux qu’ils soient à nouveau fiers d’être Français."

 

Une déclaration prononcée ce dimanche 9 avril, alors qu’elle était l’invitée de l’émission "Le Grand Jury RTL-LeFigaro-LCI". C’est la question d’Olivier Mazerolle qui a suscité la déclaration : le journaliste relève un programme prônant "la promotion du roman national et le refus de repentance". Il demande alors à la leader frontiste si Jacques Chirac avait eu tort de prononcer son discours de 1995 sur le Vél’ d’Hiv', dans lequel il avait reconnu la responsabilité de la France. "Je pense que la France n’est pas responsable du Vél’d’Hiv", a répondu la présidente du parti d’extrême-droite.

 

En Juillet 1942, la rafle du Vél’ d’Hiv, avait vu l’arrestation, par la police française, de plus de 13 000 juifs. Emprisonnés pendant plusieurs jours dans des conditions d’hygiène et de survie insupportables au sein du Vélodrome d'Hiver, à Paris, les raflés, parmi lesquels de nombreux enfants, ont été en grande majorité déportés puis exterminés dans les camps nazis.

 

Très mal à l’aise avec ce pan de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, la France a eu du mal à reconnaître sa responsabilité dans cet épisode tragique : il a fallu attendre le discours salué comme historique de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995, lors de la commémoration de la Rafle, pour que l’Etat français regarde son passé trouble en face : "La France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable", avait-il déclaré.

 

Des phrases fortes auxquelles ont fait écho, en juillet 2012, alors qu’il venait à peine de prendre ses fonctions, celles de François Hollande : "La vérité, c’est que le crime fut commis en France, par la France", avait-il martelé avec justesse. "Pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de cette opération." Avant d’ajouter : "Il ne peut y avoir, il n’y aura pas, dans la République française, de mémoire perdue." Pas si sûr, si Marine Le Pen l'emporte, apparemment...

 

Pour le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), les phrases-choc de la candidate frontiste sont des "propos révisionnistes qui dévoilent le véritable visage du Front National" et l'inscrivent "dans la tradition vichyste et collaborationniste de son père et des fondateurs du Front National."

 

"La rafle du Vel d'Hiv a été organisée par René Bousquet, sécrétaire général de la police de Vichy, par 4500 policiers et gendarmes français qui ont arrêté plus de 13 000 Juifs, dont 4000 enfants, à Paris et en région parisienne les 16 et 17 juillet 1942", précise encore l'institution représentant les Français de confession juive.

 

Manifestement, pour Marine Le Pen, la chanson est tout autre… Alors que le FN se donnait jusqu'ici beaucoup de mal pour séduire l’électorat juif, surfant sur la peur du terrorisme et de l’islamisme, la déclaration sonne comme un étonnant changement de cap stratégique. A moins qu’elle ne soit l’occasion de tomber les masques…