Etats-Unis / 17-03-2017

La jordanienne Rima Khalaf quitte l'ONU la tête haute

Source: ynet


Au siège de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA – Economic Commission for Western Asia), Rima Khalaf a fait ses adieux et dit ne pas avoir de regret au sujet du rapport sur la pratique de l’Apartheid par Israël.

 

"Les conclusions du rapport sont désormais publiques", a-t-elle déclaré aux médias nombreux à cet ultime Adieu de la chef de la mission onusienne à Beyrouth. "Elles ont été diffusées largement, tout le monde peut les utiliser ".

 

Économiste de formation, âgée de 63 ans, Rima Khalaf a préféré démissionner de son poste de chef de la ESCWA plutôt que de retirer le rapport de sa commission accusant Israël de soumettre le peuple palestinien à un régime d’apartheid.

 

Face à la presse, la Jordanienne a présenté sa démission comme un acte de protestation contre les pressions du SG de l'ONU Guterres. "Il m’a demandé hier matin de retirer [le rapport], je lui ai demandé de repenser sa décision mais il a insisté. Sur ce, je lui ai présenté ma démission de l’ONU. Je démissionne parce qu’il est de mon devoir de ne pas dissimuler un crime, je soutiens toutes les conclusions du rapport."

 

Au sien de l’ESCWA, rapporte le journal français Le Monde, "sa démission est un choc" mais pour la plupart de ses collaborateurs, elle est "une source de fierté". "C’est ce qu’elle pouvait faire de mieux. Elle proteste contre un acte de censure qui va à l’encontre de tous les principes des Nations unies.", confie au Monde une source au sein de l’ESCWA, sous couvert d’anonymat.

 

Rédigé par deux spécialistes du droit international, les professeurs américains Richard Falk et Virginia Tilley, le texte concluait, après analyse des multiples discriminations dont sont victimes les Palestiniens, qu’"Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’apartheid". Il appelait les pays membres des Nations unies à soutenir la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui prône le boycottage de l’Etat d’Israël.

 

Dans la soirée de vendredi, le texte n’était plus disponible sur le site Internet de l’ESCWA, une des cinq commissions régionales des Nations Unies, chargée des questions de développement